vendredi 31 juillet 2015


Vendredi 24 juillet 2015





Marre des arbres, des forêts, ras le bol des lacs, des rivières, lassés des cailloux et des montagnes ? Bienvenus au Yellowstone ! Je crois que ce parc national a été crée juste pour satisfaire au bonheur des possesseurs d'appareils photos numériques. Bon, en fait, c'est pas du tout le cas, vu que le Yellowstone est le plus ancien des parcs nationaux américains, mais c'est à se demander comment faisaient nos prédécesseurs adeptes de l'argentique tant l'offre photogénique est immense.

Le Yellowstone est une région basée au-dessus d'une couche de magma brûlante qui fait remonter de l'eau et des sédiments multiples au travers de geysers, fumerolles ou lacs de boues divers et variés aux couleurs multiples et éclatantes. Du coup, on se ballade au cœur de paysages absolument uniques où les rochers ressemblent à des desserts dégoulinant de crème glacée et de caramel fondu, et où les mares dessinent en leur fond, des cartes d'une autre planète, tout ça au beau milieu d'épaisses nappes de fumées aussi chaudes que nauséabondes.

Alors, évidemment, victime de sa plastique, le Yellowstone est inondé par les touristes à cette époque de l'année, et on a parfois l'impression de faire la queue, comme au supermarché, pour prendre son précieux cliché, qui animera nos futures soirées diapos. En outre, il faut se lever (très) tôt pour trouver une place disponible dans les quelques campings disséminés à l'intérieur du parc. Après 10 heures du matin, tous les campings affichent complet et nombre de touristes se retrouvent contraint de sortir du parc pour trouver un endroit disposé à accueillir leurs rêves bigarrés.




















samedi 25 juillet 2015


Lundi 20 juillet 2015



Sur la route qui, du nord au sud, me mène au parc national du Yellowstone, je fais une halte à Butte, au sud du Montana. Située au pied d'une butte (d'où le nom), la ville se prévaut d'un riche passé d'exploitation minière. Or, argent, plomb, mais surtout cuivre, Butte a pu compter jusqu'à plus de 70 puits sur son territoire au début du XXème siècle. De nombreux forages désaffectés sont encore visibles à quelques encablures du centre ville. Car ici, la cité fut construite au-dessus de la mine. Ce qui a posé un léger problème lorsque la compagnie minière a décidé d'exploiter un gigantesque filon de cuivre à ciel ouvert, créant ainsi le plus important site d'Amérique du nord... et engloutissant la moitié de la ville dans le gouffre. Ce site n'est aujourd'hui plus exploité, et c'est une eau acide et toxique, surgie des profondeurs, qui a envahit le Berkeley Pit. De nombreux immeubles faits de briques, d'un bel esthétisme issu du début du siècle passé témoignent de de la grandeur révolue de Butte.








le fameux Berkeley Pit, tellement grand, qu'il ne rentre pas dans la photo !

Phil, mon hôte à Butte. Travailleur social bénévole et clown professionnel !

dimanche 19 juillet 2015


Lundi 13 Juillet 2015







Le Montana est l’État qui fleure bon l'Amérique profonde et le ketchup rance, avec ses campagnes désertées, ses lignes droites à n'en plus finir et surtout ses habitants dont on ne comprend pas un traître mot lorsqu'ils vous parlent! C'est un des endroits les moins densément peuplé du pays (l'Alaska est hors-jeu), les grandes villes y sont rares, les buildings encore plus. On sent ici que l’État fédéral américain est bien loin. C'est d'ailleurs, sans doute, un des États les plus libéral du pays dans le sens premier du terme. Ainsi, c'est le dernier État a avoir imposé des limitations de vitesse sur ses routes. Les habitants sont très attachés à leur liberté, ce qui justifie forcément la détention d'armes et le soutien inconditionnel aux troupes américaines qui se battent ou se sont battues un peu partout sur le globe... Le jeu est légal dans tout l’État. On y trouve donc des « casinos », ou plutôt des machines à sous presque n'importe où, même dans les bars ou les stations services.

Les paysages y sont magnifiques. De grandes vallées particulièrement planes, recouvertes d'un tapis d'herbes jaunies par le soleil et la chaleur, sont cernées par des chaînes de moyennes montagnes et traversées de larges rivières, qui permettent d'irriguer les nombreux champs de céréales avoisinants.



La route m'a d'abord mené du côté de Missoula où j'ai été hébergé chez Jeff, à la fois vendeur de voitures d'occasions, fabriquant de remorques et pasteur à la tête d'une communauté hébergeant aussi bien des voyageurs que des personnes ayant besoin d'un toit pour quelques semaines ou quelques mois. Le type de personnage qui ne doit exister qu'ici.

Missoula


Puis, je suis remonté vers le nord afin de visiter le Glacier National Park, non sans m'être auparavant rafraîchi dans le Flathead Lake (le plus grand lac à l'ouest du Mississippi quand même). Immense lac, où l'eau pure et transparente accueille nombre de vacanciers américains, dont une majorité de latinos. Ne me demandez pas pourquoi, je n'en sais rien, mais ça m'a permis de réviser mon espagnol.

Flathead Lake


Le Glacier National Park se trouve à l'extrême nord du Montana, à la limite du Canada. Il abrite une faune riche (élans, grizzlis et autres chèvres sauvages), qui se pavane aux milieu de paysages spectaculaires, formés de hautes montagnes prenant appui sur de superbes lacs cristallins. Comme toujours à cette époque de l'année, le parc est pris d'assaut par les touristes, créant des files interminables de voitures sur la route qui le traverse, rendant parfois difficile le fait même de se garer pour accéder à un chemin de randonnée. Même les campings étaient plein à craquer ! J'ai eu de la chance le premier soir et j'ai pu profiter d'un désistement de dernière minute, mais le lendemain, j'ai du sortir du parc pour aller faire du camping sauvage dans la réserve indienne qui le borde.







 
 

En redescendant vers le Wyoming, où m'attends le Yellowstone, je traverse la réserve indienne de Black Foot, une immense et splendide plaine où des herbes que la chaleur assèche sont courbées par un vent omniprésent. Des paysages presque dénudés qui sont à peines troublés par la présence de chevaux et de vaches seules particules sombres dans ce pale désert.
 





 
 

vendredi 10 juillet 2015


Mardi 7 juillet 2015





Mon prochain objectif est l’État du Montana. Et pour y parvenir, je dois franchir, cette fois d'ouest en est, l’État de Washington. Un nouveau zig avant un prochain zag. Environ mille kilomètres que je vais parcourir sous une chaleur à vous liquéfier le cerveau. Une canicule aussi difficile à supporter pour moi qu'ennuyeuse pour les gens du cru. En effet, pendant ma traversé de l’État, tous les feux de camps étaient prohibés dans les campings, et les feux d'artifices interdits presque partout. Le barbecue étant la principale activité du campeur américain, et le grand plaisir des autochtones le soir de la fête nationale, le 4 juillet, est que chacun ajoute sa propre petite étoile pétaradante à celles déjà présentes dans le noir du ciel. On peut comprendre que certains soient déçus. Mais cela n'a pas empêché nos amis d'outre atlantique de remplir les campings durant ce long week-end, paradant fièrement avec leur célèbre étendard, tout en buvant des quantités astronomiques de bière fraîche, américaine bien sûr !

L’État de Washington est, pour reprendre l'expression consacrée, une terre de contraste. On commence à longer la côte pacifique, morne, plate, dont la monotonie est difficilement mis à mal par les quelques sommets montagneux que l'on peut deviner au loin, qui donnent l'impression de vouloir aller se fondre ans l'océan. Si l'on quitte la zone côtière, c'est pour mieux s'enfoncer dans de profondes forêts humides et étouffantes, truffées de séquoias centenaires qui nous cachent le ciel. On croît parfois être sous d'autres latitudes dans ces forêts où les fougères, souvent nous dépassent, et où mousses et lichens envahissent tout et recouvrent entièrement certains arbres, jusqu'à donner l'impression que l'endroit leur appartient.

On ne ressort de ses forêts qu'après avoir franchi une barrière montagneuse qui nous ouvre les portes de la réserve indienne de Colville. Un État dans l’État, immense désert au climat aride, dont les vallées sans fin ne laissent paraître que des herbes jaunies par le soleil et de l'armoise turquoise, desquelles dépassent d'étranges rochers noirs qui semblent avoir été déposés là par quelques puissances maléfiques. Heureusement, comme il n'y a pas de nuit sans soleil, ni de voiture sans panne, il n'y a pas de désert sans eau. Et les quelques rivières qui passaient par là ont été domptées par l'entremise d'un immense barrage, donnant naissance à de grands lacs qui offrent aux nombreux vacanciers et aux modestes voyageurs des pauses rafraîchissantes.
 
 








 

 

lundi 6 juillet 2015


Lundi 29 juin 2015





Ça y est, je suis enfin revenu aux États-Unis. Enfin là, je ne parle plus de la lointaine banlieue que peut représenter l'Alaska, mais des vrais États-Unis, les « lower forty eight » comme on dit ici. Littéralement les « 48 d'en-dessous » (à savoir les USA moins l'Alaska et Hawaï). La traversée de la frontière s'est déroulée sans encombre, si ce n'est deux bonnes heures d'attente. Une avant la frontière proprement dite, et une de plus avant le contrôle supplémentaire, réservé aux étrangers, où on ne m'a même pas demandé les papiers, toujours temporaires de ma voiture achetée en Alaska, mais où on m'a confisqué des tomates canadiennes (interdites aux USA) et des nouilles chinoises au poulet, parce que le poulet asiatique, c'est mal (sans doute une réminiscence de la grippe aviaire). Je n'ai pas osé leur faire la remarque que dans les nouilles lyophilisées « saveur » poulet il doit y avoir autant de poulet que d'explosif dans mes bagages (si si, la question m'a été posée...)

Ma première étape aux USA est Seattle. Je dois, en effet, y récupérer les papiers définitifs de ma voiture achetée à Anchorage. Les papiers que j'avais jusque là était temporaires et voyaient leur échéance arriver le 7 juillet. La délivrance de l'équivalent américain de la carte grise met entre 4 et 6 semaines. Je ne pouvais pas attendre tout ce temps en Alaska, d'autant qu'en réalité, les papiers ont mis deux bons mois à arriver jusque chez Matt, qui m'avait hébergé à Anchorage. Matt me les a ensuite envoyé à Seattle en poste restante, et je n'ai plus qu'eu à les récupérer au bureau de poste de Seattle. Du coup, je peux désormais rouler paré de mes plaques « made in Alaska » !


 
 
 
La ville de Seattle constitue le pendant américain de Vancouver. Elle est situé juste de l'autre côté de la frontière par rapport à Vancouver, on aperçoit des montagnes enneigées au loin et l'océan Pacifique longe les bordures de la ville. Cependant, la ville, en elle-même, a beaucoup moins de charme que son homologue canadien. Le centre est beaucoup moins récent et bien moins entretenu, les grattes-ciels sont sombres, le béton domine des rues grises, parfois étroites, et dont la pente descendante nous conduit inlassablement vers un bord de mer défiguré par l'autoroute suspendue. Pour découvrir le charme de la ville, car il y en a, il faut s’excentrer vers des quartiers plus attrayants et culturellement vivants. Le Quartier de Fremont, par exemple, où j'ai élu domicile, borde un bras de mer qui s'enfonce dans la ville, est réputé pour quelques curiosités artistiques (la reproduction d'une fusée sur le toit d'un immeuble, la statue en béton d'un troll caché sous une route, des buissons en forme de dinosaures...) et pour ses délicieux restaurants. Moins excentré et sûrement plus populaire, le quartier de Capitol Hill est un haut lieu de la vie culturelle de Seattle avec ses nombreuses salles de concerts, bars et autres galeries d'art. Et puis, comment ne pas citer un des hauts lieux touristiques de la ville : Post Alley. Cette petite rue sombre et étroite aux hauts murs de briques, située juste en-dessous de l'immense marché de Seattle doit sa célébrité au fait que ses murs sont entièrement recouverts de chewing-gums. C'est moche, ça pue, et je vous raconte pas l'état de vos semelles après avoir traversé ce cloaque tapissé d'hommages à la culture de l'Oncle Sam !