Mercredi 24 juin 2015
J'ai repris la route.
Comme si je l'avais quittée... J'ai décidé d'aller faire un tour à
Vancouver, voire comment se porte la capitale de la Colombie
Britannique. Pour se faire, je dois traverser à nouveau, mais cette
fois d'est en ouest, la province, empruntant la Canadian Highway n°1
pendant près de mille kilomètres. Après les parcs nationaux de
Jasper, de Banff et de Yoho, leurs hautes montagnes, leur climat
humide et leur végétation composée presque entièrement de
résineux et de mousses diverses empruntées à des régions d'une
autre latitude, l'itinéraire qui m'amène à Vancouver va me
procurer d'autres sensations.
D'abord, j'ai dû remonter une immense vallée. Juxtaposée à celles des parcs nationaux, que je viens de parcourir, elle étonne par le décalage qu'elle crée avec ses voisines. Moins hautes que les précédentes, les montagnes environnantes sont sèches, quasiment sablonneuses. Elles enveloppent une immense rivière, ou plutôt un immense marécage, car celle-ci est parsemée de roseaux et autres plantes aquatiques, qui font que l'ont a plus l'impression d'être au bord d'une rizière d’Asie du sud-est qu'au beau milieu du nouveau monde. Entre ce serpent d'eau douce et ces pentes stériles, une coulée verte accueille de nombreuses habitations et fermes, toujours en bois, souvent cossues, éparpillées ça et là, et où se prélassent vaches, chevaux et autres carcasses de voitures abandonnées. Les gens d'ici ont, en effet, une fâcheuse tendance à conserver toutes leurs anciennes voitures, et à les laisser dépérir au beau milieu de leurs jardins (les jardins sont à la mesure du continent, démesurés...)
Derrière cette vallée
et la barrière rocheuse qui la délimite, s'étend un enchevêtrement
de grands lacs, dans lesquelles les canadiens prennent plaisir à
exercer toutes sortes d’activités nautiques diverses et variées
(pêche, voile, ski nautique, yachting, scooter des mers...) Tous ces
lacs permettent aussi d'alimenter les très nombreux golfs qui
longent la route de ce coin de la Colombie Britannique, semble-t-il
très prisée par les vacanciers. Mais, dès que l'on quitte le bord
des lacs, on se retrouve plongé dans une campagne presque profonde,
champêtre, bucolique, vallonnée avec ses fermes, ses pâturages,
ses champs de céréales, à peine troublés par la ligne de chemin
de fer, qui relie les deux océans, la Pacific Railwa
A peine quelques
kilomètres plus loin, après avoir passé la ville de Kamloops, qui
n'a d'amusant que le nom, c'est un paysage quasiment désertique qui
s'offre à vous, enfin à moi. La route se prélasse au sein de
gigantesques vallons où ne poussent que de maigres arbustes et des
herbes turquoises et dorées, qui donnent réellement l'impression
d'être en plein Farwest. En fait, on y est vraiment : il fait
chaud, lourd, de nombreux ranchs, avec leurs interminables barrières
en bois bordent mon itinéraire, empêchant les vaches et le chevaux
d'enrayer mon avancée, les poteaux électriques longent la chaussée,
tissant un réseau de fils qui semble sans ne jamais devoir se
terminer.
Puis, en se rapprochant
de Vancouver, les montagnes se relèvent, abruptes, rocailleuses,
les résineux réapparaissent encore plus larges et plus grands, et
la route se montre sinueuse alors que je passe des cols, qui me
mènent d'une rivière jusqu'au lac qui lui donne naissance. Des
panneaux m’avertissent, indiquant la présence de couguars dans les
parages. J'espère vivement que ma randonnée du jour ne leur donnera
pas raisons...