Vendredi 22 Mai
Ces trois derniers jours
ont été assez actifs, en tout cas, en ce qui concerne le nombre de
kilomètres parcourus !
Mercredi, un aller-retour
à Anchorage pour aller chercher les papiers définitifs de ma
voiture, qui étaient arrivés chez l'hôte qui m'avaient reçu à
mon arrivée en Alaska. Matt avait, en effet, accepté d'être mon
adresse officielle aux USA. En fait, la lettre qui était arrivée
contenait seulement mes papiers d'assurance. Juste quelques centaines
(et oui tout est beaucoup plus loin dans ces contrées) de kilomètres
pour rien. Enfin, ça m'a quand même permis de revoir ce très
sympathique Matt et d'admirer l'immense glacier de Matanuska.


Du coup, le lendemain,
départ pour le Canada. Avec quelques 700 miles à faire en 2 jours
pour relier Anchorage à Whitehorse au Canada, dans l’État du
Yukon, où m'attend un nouvel hôte. Le trajet jusqu'à la frontière
se passe sans problème et le passage à l'immigration canadienne se
révèle être une formalité. Avec une douanière qui me parle en
français et qui me dit que je peux rester au Canada jusqu'au mois
de novembre si je veux ! Pour relier la frontière à
Whitehorse, il me reste près de 4OOkm à faire. Et oui, au Canada,
on repasse aux litres et aux kilomètres ! Dans le Yukon, il n'y
à rien. Il n'y à même pas de canadien, c'est pour dire... Ils sont
à peine 37000 sur un territoire qui est presque équivalent à celui de la
France ! Le climat est hyper sec et très froid l'hiver, et il
n'y à même pas de pétrole, du coup, les routes sont dans un état
assez lamentable. Tout ça pour dire que les 150 premiers kilomètres
sont censés se faire sur une route de terre (qui a eu la bonne idée
d'acheter un 4x4?). Je fais donc à peine 10 km après avoir passé
la frontière, et au moment où je croise une voiture, j'entends
comme un coup de canon et la vitre avant côté conducteur (celle juste à ma
gauche donc) explose littéralement en mille morceaux, sans doute un
caillou projeté dans ma direction. Je me retrouve avec du verre
partout dans la voiture, sur moi et sur la route. Je mets un bon
quart d'heure à tout débarrasser de la voiture, heureusement qu'il
n'y à pas grand monde sur la route... Demi tour, jusqu'à Beaver
Creek, la bourgade qui est juste avant la frontière pour m'entendre
dire, comme je m'en doutais, que si je veux pouvoir changer la vitre,
l'endroit le plus proche, c'est... Whitehorse! A peine 400 bornes !
Heureusement, un des avantages du Yukon, c'est qu'il ne pleut
presque jamais.
Après une nuit passée
sur la route, j'ai donc traversé une bonne partie du Yukon, et vu
passé une session de paysages magnifiques. Ça commence par de la
Taïga, surplombée de hautes montagnes blanchies par la neiges et
parsemée de grands lacs. Puis les grandes lignes droites se
vallonnent petit à petit, la flore se diversifie, les hautes
montagnes disparaissent pour laisser la place à de hautes collines
semi désertiques où broutent des chevaux sauvages. On se croirait
dans un Western !
Arrivé à Whitehorse, je file tout droit chez
le garagiste Ford afin de savoir à peu près à quelle sauce
j'allais être mangé. Je vous fait grâce de la version anglophone.
Vous pouvez me
changer ma vitre ?
Bien sûr !
Combien ça va me
coûter ?
Alors, pièces et
main d’œuvre 453$.
(Arrghh!!!) Ah
oui... Euh.... Et vous me faites ça de suite ?
Ah ben non, parce
que là on a pas la pièce en stock. Il faut qu'on la commande.
Et, vous pouvez
l'avoir quand la vitre ?
Et ben ça dépend
où on la trouve, ça prend entre 4 jours et 2 semaines.
Le gars a vu ma tête, et
m'a de suite indiqué un garage spécialisé en réparation de
vitres, qui était de l'autre côté de la rue. J'y ai gagné 70$ sur
le devis, mais ils n'avaient pas la pièce sur place et les délais
de livraison étaient les mêmes. Le Yukon, c'est loin... Mais le
Yukonais est sympa, donc il m'a dit que si j'allais dans une casse et
que je trouvais la pièce, ça pourrait être beaucoup plus rapide,
et moins cher. Et même que si je lui amenais, il me la monterait !
Me voilà parti à la recherche des casses de Whitehorse. Il en
existe 2, une tout au nord de la ville, la seconde à l'autre bout,
complètement au sud. La première est fermée, évidemment. La
seconde est ouverte. Je demande si il aurait une vitre de Ford
Explorer. « Oh mais bien sûr, j'en ai plein des Explorer ! »
(qui a eu la bonne idée d'acheter un des 4X4 les plus vendus au
monde?). Il me vent la vitre pour 100$ et me propose même de me la
monter pour 50$ de plus. Deal ! Et voilà je me retrouve en à
peine quelques heures avec une nouvelle vitre qui fonctionne pour le
tiers du prix proposé par le concessionnaire. Elle est pas belle la
vie ?
Je n'ai plus qu'à
trouver la cabane de mon hôte pour le weekend, et j'aurai rempli ma
journée.