mardi 29 décembre 2015

Lundi 28 décembre 2015


Pour passer du Panama à la Colombie, j'ai opté pour la voie maritime. Pas beaucoup plus cher, et surtout bien plus amusante que l'avion. Après quelques heures de taxi 4x4 pour traverser le centre du pays, à travers les superbes collines du Parque Nacional Chagres, et relier la côte nord, j'arrive à Carti et rejoins le bateau qui va me faire changer de continent. Trois jours et quatre nuits de navigation pour relier Carti à Zapsuro en Colombie, dans un voilier où s'entassaient pêle-mêle des australiens et des suisses, une américaine, un espagnol et ma pomme. Le tout sous les ordres d'un capitaine italien germanophone. Un chouette gloubiboulga linguistique ! Au menu des îles paradisiaques, de l'eau salée, des vagues houleuses, du soleil brûlant et des spaghettis « al dente »!
 
 
L'île de Carti, notre point de départ.
 
 
On est d'abord passé par les îles San Blas. De minuscules bancs de sable blancs, entourés d'une eau tout aussi turquoise que transparente, parsemés de cocotiers. Ces îles sont parfois habitées d'indigènes vivant dans de simples huttes de bois aux toits de chaumes, mais elles sont le plus souvent désertes et on s'attend à voir surgir de derrière chaque cocotier Jack Sparrow et sa bouteille de rhum.
 
 
 
 
 
 

 
 
La côte du panama, pleine de ses montagnes et de sa jungle impénétrable, pousse certains de ses autochtones à habiter sur des îles, comme celle de San Ignacio De Tulipe, où vivent un millier de personnes dans quelques cabanes rustiques au sol de terre, et où le seul excès de modernisme semble être l'éclairage public solaire récemment installé. Mais cet endroit offre aussi aux marins en herbes, que nous sommes durant ces quelques jours, un petit moment de répit sur de la terre ferme, loin du remous des vagues et de la promiscuité du navire. Et en plus, on a pu acheter de délicieuses langoustes, qui ont délicieusement agrémenté notre repas du jour.
 
 

 
 
Au loin, l'île de San Ignacio de Tulipe
 

 
 
Nous arrivons en vue des côtes colombiennes le 24 décembre au soir. On mouille le bateau dans la charmante petite crique du village de Zapsurro, et nous passons un réveillon assez irréel à manger du poisson frit et à écouter les sonos de musique, qui inonderont la baie pendant toute la nuit. Le père-noël colombien doit sûrement être fan de cumbia.
 
 
Zapsuro, notre première étape colombienne.
 
 
 
Le lendemain matin, nous filons à Carpugana, charmant petit port des Caraïbes, d'où une dernière barque nous emmène à Necocli et où nous attend le bus pour Cartagena.
 
 
 
 
 

dimanche 20 décembre 2015

Vendredi 18 décembre 2015


Quelque peu lassé des tropiques et de la chaleur étouffante qui y règne, je voulais faire de mon séjour au Panama une simple formalité. Rejoindre le plus vite possible un port dans lequel je trouverais un bateau qui nous mènerait, moi et mon carrosse d’albâtre, vers la Colombie, via la mer des Caraïbes. Je rappelle aux non initiés, qu'il n'existe pas de route entre le Panama et la Colombie. Hélas, ou heureusement, mes plans vont rapidement changer d'orientation.
 
Après une escale dans la ville de David, je vais directement à Colon, située à l’extrémité nord du canal du Panama. En effet, c'est de là que partent, tous les gros bateaux qui naviguent vers la côte est de la Colombie.
Colon est vraiment une ville à part. Deuxième ville du pays, c'est sans doute également la plus sale, la plus pauvre et vraisemblablement la plus dangereuse. Coincée entre un port immense et la « Zona Libre », une des plus grande zone duty free du monde, la ville ne profite pourtant pas de ces richesses, qui filent tout droit à la capitale, à quelques 60 km de là. Un taux de chômage de plus de 40%, une population essentiellement noire (alors que le reste du pays est très métissé), des immeubles aux couleurs passées depuis longtemps et aux murs en lambeaux, des rues envahies de tas d'ordures et d'autres immondices provenant des égouts. Lorsque l'on traverse le centre ville, on a un peu l'impression d'être dans une cité qui sort de plusieurs années de guerre.
 
En gros, c'est glauque, c'est lugubre et on a pas tellement envie de s'y attarder. D'autant plus que je me rends très vite compte que les sociétés de transport maritimes ont toutes leurs bureaux à Panama City...
 
Demi-tour donc, direction la capitale, où j'apprends rapidement que la société de ferry que je comptais utiliser pour rejoindre Cartagena avec ma voiture, a cessé ses activités depuis quelques mois. L'unique solution qui s'offre à moi reste alors le container. Mettre la voiture dans une grande boite, la grande boite sur un grand bateau, et rejoindre la Colombie par mes propres moyens. Problème, ça coûte très cher, trop cher pour mon budget (entre 1000 et 2000$ juste pour la voiture, auxquels il faut ajouter le prix de mon propre billet). Je décide donc, à mon grand regret, de vendre la voiture et de continuer en mode piéton.
 
Être français et vendre une voiture américaine au Panama, voilà mon nouveau défi. Je rencontre d'abord un colombien, spécialisé dans l'achat des voitures étrangères au panama. Il m'explique que l'importation définitive d'une voiture usagée au Panama coûte dans les 3000$ (ce qui est pas loin de la valeur de la mienne) et que, du coup, il ne pourra pas m'en offrir grand chose (ça flaire bon le businessman ça...). Je me rends compte, après vérification, qu'il m'a dit vrai sur les frais d'importation. Je croise entre temps, dans l'auberge où je loge, un jeune français, tout frais émoulu de son école d'ingénieur, qui vient d'arriver au Panama et qui se donne un an pour arriver en Alaska. Après discussion, il se révèle intéressé pour acheter le véhicule. Et je préfère largement la vendre à un voyageur, qui est censé la ramener en Alaska (la boucle sera bouclée), qu'à un revendeur. Décision prise, il ne nous reste plus qu'à affronter le parcours du combattant administratif qui nous attend. Les administrations panaméennes ne sont pas aussi obtues que chez nous, mais elles sont beaucoup plus imprévisibles. Si notre situation n'est pas commune, ça ne pose pas de problèmes particulier. Par contre, les papiers à fournir, les avis donnés ou les délais attendus sont largement variables selon la personne rencontrée, le jour de la semaine ou l'humeur du jour. Après un peu plus de deux jours d'allées et venues, depuis les bureaux des douanes jusqu'à ceux de l'inspection des véhicules, de l'office du notaire à ceux de l'assureur, on a enfin réussi à régulariser la situation. En tout cas, je l'espère...
 
Malgré toutes ces péripéties, j'ai tout de même pu voir à quoi ressemblait Panama City. Une capitale pleine de contrastes, avec à ses abords, des bidonvilles faits de tôle, ses quartiers populaires sales et bruyants, l'ancien quartier colonial aux bâtiments entièrement refaits, qui abrite ministères et ambassades. Mais la ville de panama est surtout renommée pour son quartier d'affaires et ses multiples gratte-ciel qui toisent l'océan Pacifique. Plus que de l'activité liée au canal, l'argent vient ici, parait-il, des narcotrafiquants d'Amérique du sud et centrale, qui profiteraient de la tolérance des (très) nombreuses banques de la ville pour blanchir leur argent et construire d'immenses immeubles à moitié vides.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

dimanche 13 décembre 2015

Samedi 28 novembre 2015


Le Costa Rica est une contrée étonnante. C'est un endroit où la nature est particulièrement belle et bien conservée, alors que les zones urbanisées sont, dans l'ensemble, d'une laideur remarquable. Le pays est constitué en majorité de volcans et de moyennes montagnes d'un vert éclatant, couvertes de forêts tropicales denses et luxuriantes, où nichent une faune et une flore fascinantes. Il y a beaucoup de parcs naturels nationaux (en comparaison avec les autres états d'Amérique centrale), et on sent qu'ici leur préservation est une variable essentielle. Dès qu'on se rapproche d'une ville, par contre, c'est l'inverse. Leurs abords sont parsemés de panneaux publicitaires géants et de centres commerciaux modernes, et les villes ressemblent parfois à des agglomérations d'Amérique du nord. Les édifices sont récents, sans êtres harmonieux, le béton est roi et les boutiques ont l'air de magasins occidentaux plutôt qu'à de petites échoppes comme ailleurs en Amérique Centrale. Chose étrange, on a l'impression que les bâtiments (même les églises) ont tous été construits entre 1950 et 1980... Le niveau de vie est certainement ici le plus élevé que je rencontre depuis que j'ai quitté les USA. Les routes sont bonnes, les voitures en bon état (il existe même ici un contrôle technique, c'est dire..)
J'ai d'abord pu admirer le volcan d'Arenal, connu pour ses éruptions nocturnes. Situé au bord d'un immense lac qui porte son nom et dans une belle région vallonnée que l'on parcourt via des petites routes étroites et sinueuses.
 
 
 
 
 
 

Le Costa Rica est un pays de nuages. S'il ne pleut pas forcément souvent, stratus et nimbus sont toujours présent et il faut parfois monter au-dessus pour apercevoir un soupçon d'azur. Comme à Zarcero où je découvre un paysage presque alpin avec ses fermes et ses vaches paissant tranquillement dans des prés pentus, avec vue sur une mer de nuages.
 
 
 
 

L'inconvénient du trop plein de nuages, c'est que lorsque l'on veut voir des volcans, et bien, on a beau monter le plus possible, on se retrouve parfois irrémédiablement perdu dans la purée de pois. C'est ce qui m'est arrivé lorsque je suis allé au sommet du volcan Irazu. 3400 mètres d'altitude, un cratère de 1000 mètres de diamètres, où il y avait moyen de se régaler les mirettes. Hé bé non, je me suis retrouvé perdu dans le brouillard pendant tout l'après-midi.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Après un petit détour dans la ville de Turrialba, où j'ai pu profité de la tranquillité d'une modeste cité provinciale, entourée de calmes montagnes et de rivières généreuses, j'ai pris la direction de San José, la capitale du pays.
 
 
 
 

Depuis le début de mon périple, j'ai traversé quelques capitales (Guatemala city, Tegucigualpa) et j'en ai soigneusement évité d'autres (Mexico City, Managua). San José est la première où je vais rester plusieurs jours. De taille modeste (300 000 habitants), la ville n'est pas particulièrement attirante esthétiquement parlant. Du béton gris à peu près partout, de vieux immeubles défraîchis côtoient de plus récents sans aucune espèce d'harmonie apparente. Des bâtiments du plus pur style des années 80 dominant quelques anciens édifices d'époque coloniale. L'ambiance et l'atmosphère y sont pourtant agréable. La circulation est (relativement) fluide, en comparaison à d'autres mégalopoles du continent. La population grouille dans tout les sens, plutôt paisiblement, malgré les vendeurs de bibelots, de nourriture ou de billets de loterie hurlant devant eux pour attirer le chaland.
 
 
 
 
 
 
 

 
Je passe ensuite à Cartago pour admirer la très belle basilique, une exception au Costa Rica.
 
 
 
 
 
 
En effet, les églises au Costa Rica ressemblent plus à ça :
 
 
L'église de Turrialba
 
L'église de Quépos. Sponsorisée par Redbull?
 
Le Costa Rica, ce sont donc des campagnes paisibles, des volcans impressionnants, des rivières tumultueuses et des églises hideuses, mais surtout des côtes splendides. Le parc national de Manuel Antonio en est sans doute un des meilleurs exemple. Situé sur la côte Pacifique, il est formé d'une forêt tropicale, dense, regorgeant de plantes bien trop volumineuses pour pousser dans votre jardin et d'animaux qu'on ne voit qu'à la télé. Mais là où Manuel Antonio fait la différence, c'est que cette forêt luxuriante borde l'océan et offre au visiteur quelques plages paradisiaques. Entre deux marches au sein de la forêt, à observer iguanes, toucans, paresseux et autres singes indéterminés, on peut donc paresser sur le sable, à l'ombre des cocotiers, ou bien apprécier un rafraîchissement bien mérité dans l'eau transparente et salée.