lundi 30 mai 2016

Lundi 23 mai 2016



Je franchis la frontière argentine au niveau de Chile Chico pour retrouver les montagnes un peu plus au sud, dans la petite ville d’El Chalten. Auto-proclamée « capitale nationale de la randonné », elle jouxte le parc national des glaciers et de nombreux sentiers partent depuis le bourg même. Et on peut alors se balader au sein d’une nature splendide où des rivières froides serpentent au creux de larges et plates vallées. Et il suffit de grimper un peu, d’affronter la glace et la neige, pour apercevoir des lacs de montagne surplombés de pics de granite clair, aiguisés comme pour écharper le ciel.
















Quelques heures de bus plus loin, dévalant les pentes des sommets andins, surgit l’immense glacier de Perito Moreno. Ce glacier est un des plus grands du continent et surtout un des seuls qui avance chaque jour au sein du lac dont il est la source. On peut s’en approcher suffisamment pour admirer  ses formes meringuées et les nuances de bleus infinies qui le composent. Et on attend, patiemment, la chute d’un morceau de glace géant. Poussés par d’immenses forces,  d’énormes blocs de glace tombent, en effet, du haut du glacier dans un fracs assourdissant.







jeudi 26 mai 2016

Lundi 16 mai 2016



Je m’aventure encore un peu plus au sud, le paysage change à nouveau.
Les vallées s’élargissent et donnent naissance à quelques timides plaines où pousse une herbe jaunie par la dureté des saisons. Les forêts s’éclaircissent et ressemblent étrangement à celles que l’on rencontre sous nos latitudes. Les couleurs de l’automne ont ici recouvert la frondaison des arbres et illuminent le paysage les (trop rares) fois où le soleil apparait.













En m’approchant de la frontière argentine, je rencontre de nombreux lacs, dont certains sont absolument immenses, dominés par de vastes landes arides d’où ressortent seulement de timides arbustes au milieu des roches granitiques d’un bleu grisé par les éléments.










mardi 17 mai 2016

Dimanche 8 mai 2016


C’est sur l’ile de Chiloé que  débute mon aventure au sud du Chili. La plus grande île du pays offre de nombreux paysages vallonnés  emplis de prairies et de denses forêts qui s’étendent jusqu’au bord de l’océan, où de longues plages délivrent un terrain de jeux idéal à des nuées d’oiseaux aussi vastes que difficilement identifiables. Les villes qui bordent la côte sont, avant tout, des villes de pêcheurs, dont les maisons colorées avancent, du haut de leurs pilotis, sur une eau sombre et froide, jusqu’où des lions de mer viennent se régaler des restes de poisson que leur offrent les autochtones.















De l’autre côté du bras de mer, sur le continent, commence l’immense et sauvage Patagonie. Au menu, des montagnes abruptes qui bordent une eau étrangement calme, des volcans aux cratères fumants et enneigés, des fjords et des lacs gigantesques qui obligent le voyageur à naviguer sur des ferrys s’il veut avancer et des forêts sombres, impénétrables, qui semblent infinies. Le tout sous un soleil dont la lumière blanche et blafarde ne semble être que le résultat de tous les efforts fournis pour rejoindre un zénith qu’il n’atteindra jamais.











La petite ville de Chaiten fut presque entièrement détruite par une éruption volcanique en 2008.  Déclarée ville morte par le gouvernement, une partie des habitants est restée et reconstruit peu à peu la cité sous l’œil menaçant du cratère encore fumant qui a presque causé sa perte. Pourtant, Chaiten possède de nombreux attraits. Au bord d’une mer calme, car protégée par l’ile de Chiloé, dans laquelle on peut observer des dauphins depuis de superbes plages de sable gris et au milieu de vastes forets presque impénétrables, Chaiten est surplombée de courtes montagnes anthracites et de magnifiques volcans. Du coup, on oublie assez vite le paysage de désolation et la reconstruction à la va-vite résultant de la catastrophe de 2008.