Mardi 12 avril 2016
Après ces quelques mois passés à voyager sur le continent américain, le Chili est assurément une nouvelle étape. Je le constate dès le prime abord. Le Chili est certainement le pays le plus moderne croisé depuis que j’ai quitté les Etats-Unis. De belles routes goudronnées un peu partout, avec de belles voitures qui roulent dessus. Des bus hyper récents avec des prises USB cachées dans les accoudoirs (si si !). Des villes aux maisons finies, pas seulement un amas de briques en attente de la prochaine couche. C’est un pays qui, justement, me fait beaucoup penser aux USA. Les villes sont grandes, très étendues, avec des banlieues immenses, remplies de maisons particulières, avec souvent un petit bout de pelouse accolé. Alors que depuis la frontière du Mexique, les boutiques microscopiques vendant tout et n’importe quoi faisaient loi, ici les centres commerciaux et les supermarchés, sont sur le point de gagner la bataille commerciale. La population, également, est différente, plus blanche, plus occidentale dans la manière de s’habiller, où dans la musique écoutée. Je suis décidemment entré dans un autre monde.
Les paysages du nord du Chili sont essentiellement constitués de déserts de rocailles qui se transforment petit à petit en déserts de sables au fur et à mesure qu’ils se rapprochent de l’océan Pacifique. Les quelques rivières qui subsistent donnent naissance à de timides oasis de verdure, qui se fraient courageusement un chemin sinueux en direction de la grande bleue. Et lorsqu’elles parviennent jusqu’à l’océan, elles engendrent de grandes cités, qui affrontent l’humide fraicheur des vagues du Pacifique. Les villes d’Arica, d’Iquique ou de La Serena, sont de celles-ci.
Arica
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| Un oasis sur la route d Arica |
Iquique
La Serena
Mais de l’autre côté, le désert dévoile quelques somptueuses et hautes montagnes aux sommets chapeautés de neiges éternelles et couvertes de roches multicolores et d’herbes rases. Le village de Putre, serti au cœur d’un tel écrin montagneux en est un bel exemple.
Mais la perle du nord Chili est, sans conteste, San Pedro de Atacama. Non pas que ce village, situé au cœur du désert qui jouxte la Bolivie, ait un quelconque attrait. Non, l’afflux de touristes et la quantité astronomique de boutiques leur vendant services et souvenirs lui enlève le peu de charme auquel auraient pu prétendre ses antiques maisons d’adobe, balayées par le vent et la poussière, sous les majestueux couchers de soleil du désert. Néanmoins, il faut reconnaître que les alentours sont aussi variés que magnifiques. D’antiques ruines de pierres sèches, adossées aux collines avoisinantes, chauffées, rougies par le soleil, témoignent de la résistance envers l’envahisseur espagnol. Des geysers fumant à longueur de journée démontrent à quelle point l’activité volcanique est ici prégnante. Volcans qui ont ici façonné les paysages. Les montagnes autant que les vallées, les lacs autant que les plaines arides.
Ainsi, la Valle de la Luna offre quelques étendues absolument fascinantes et irréelles de terre, de sable et de rocailles qu’on ne devrait pas normalement rencontrer ailleurs que sur d’autres astres bien plus lointains, mais que quelques éons d’érosions fomentés par la pluie et par le vent ont rendu possible ici bas. Le tout est recouvert d’une fine pellicule de sel blanc, résultat d’une évaporation aussi lente qu’ancienne, renforçant encore un peu plus l’impression d’irréel.
Quelques dizaines de kilomètres plus loin seulement, s’étend le salar de Talar. Situé à une altitude conséquente, ce lac salé tire sa divine plastique de l’intense activité volcanique qui a régi la contré. De lointains sommets aux dômes presque parfaits, dominent quelques étranges rochers déposés là par d’antiques éruptions. Les couleurs vont du gris de la roche au blanc du sel, du vert de la mousse au jaune du souffre, du marron de la terre au bleu électrique du ciel. Quelques plantes bien rases et éparses subsistent tant bien que mal avant de servir de repas aux vigognes, qui parviennent à survivre dans ces contrées magnifiques mais ô combien hostiles.




























































































































