mardi 19 avril 2016

Mardi 12 avril 2016


Après ces quelques mois passés à voyager sur le continent américain, le Chili est assurément une nouvelle étape. Je le constate dès le prime abord. Le Chili est certainement le pays le plus moderne croisé depuis que j’ai quitté les Etats-Unis. De belles routes goudronnées un peu partout, avec de belles voitures qui roulent dessus. Des bus hyper récents avec des prises USB cachées dans les accoudoirs (si si !). Des villes aux maisons finies, pas seulement un amas de briques en attente de la prochaine couche. C’est un pays qui, justement, me fait  beaucoup penser  aux USA. Les villes sont grandes, très étendues, avec des banlieues immenses, remplies de maisons particulières, avec souvent un petit bout de pelouse accolé. Alors que depuis la frontière du Mexique, les boutiques microscopiques vendant tout et n’importe quoi faisaient loi, ici les centres commerciaux et les supermarchés, sont sur le point de gagner la bataille commerciale. La population, également, est différente, plus blanche, plus occidentale dans la manière de s’habiller, où dans la musique écoutée. Je suis décidemment entré dans un autre monde.
Les paysages du nord du Chili sont essentiellement constitués de déserts de rocailles qui se transforment petit à petit en déserts de sables au fur et à mesure qu’ils se rapprochent de l’océan Pacifique. Les quelques rivières qui subsistent donnent naissance à de timides oasis de verdure, qui se fraient courageusement un chemin sinueux en direction de la grande bleue. Et lorsqu’elles parviennent jusqu’à l’océan, elles engendrent de grandes cités, qui affrontent l’humide fraicheur des vagues du Pacifique. Les villes d’Arica, d’Iquique ou de La Serena, sont de celles-ci.

Arica
Un oasis sur la route d Arica




Iquique



La Serena





Mais de l’autre côté, le désert dévoile quelques somptueuses et hautes montagnes aux sommets chapeautés de  neiges éternelles et couvertes de roches multicolores et d’herbes rases. Le village de Putre, serti au cœur d’un tel écrin montagneux en est un bel exemple.









Mais la perle du nord Chili est, sans conteste, San Pedro de Atacama. Non pas que ce village, situé au cœur du désert qui jouxte la Bolivie, ait un quelconque attrait. Non, l’afflux de touristes et la quantité astronomique de boutiques leur vendant services et souvenirs lui enlève le peu de charme auquel auraient pu prétendre ses antiques maisons d’adobe, balayées par le vent et la poussière, sous les majestueux couchers de soleil du désert. Néanmoins, il faut reconnaître que les alentours sont aussi variés que magnifiques. D’antiques ruines de pierres sèches, adossées aux collines avoisinantes, chauffées, rougies par le soleil,  témoignent de la résistance envers l’envahisseur espagnol. Des geysers fumant à longueur de journée démontrent à quelle point l’activité volcanique est ici prégnante. Volcans qui ont ici façonné les paysages. Les montagnes autant que les vallées, les lacs autant que les plaines arides.







Ainsi, la Valle de la Luna offre quelques étendues absolument fascinantes et irréelles de terre, de sable et de rocailles qu’on ne devrait pas normalement rencontrer ailleurs que sur d’autres astres bien plus lointains, mais que quelques éons d’érosions fomentés par la pluie et par le vent ont rendu possible ici bas. Le tout est recouvert d’une fine pellicule de sel blanc, résultat d’une évaporation aussi lente qu’ancienne, renforçant encore un peu plus l’impression d’irréel.











Quelques dizaines de kilomètres plus loin seulement, s’étend le salar de Talar. Situé à une altitude conséquente, ce lac salé tire sa divine plastique de l’intense activité volcanique qui a régi la contré. De lointains sommets aux dômes presque parfaits, dominent quelques étranges rochers déposés là par d’antiques éruptions. Les couleurs vont du gris de la roche au blanc du sel, du vert de la mousse au jaune du souffre, du marron de la terre au bleu électrique du ciel. Quelques plantes bien rases et éparses subsistent tant bien que mal avant de servir de repas aux vigognes, qui parviennent à survivre dans ces contrées magnifiques mais ô combien hostiles.














dimanche 10 avril 2016

Dimanche 3 avril

A peine quelques jours passés en Bolivie, et Seb me rejoint à Cochabamba. Située au centre du pays, cette grande ville va être notre point de départ pour un tour du sud-ouest de la Bolivie, pendant un peu plus de deux semaines. Troisième plus grande ville de Bolivie, l’esthétique de Cochabamba n’a rien de remarquable, si ce n’est une grande place centrale ombragée et surtout l’immense statue blanche du Christ qui domine la ville. Non, les points d’intérêt se situent dans les collines qui bordent la cité.







En effet, à quelques dizaines de kilomètres (et quelques heures de bus)  de là, se trouve le parc de Torotoro. Avec un nom digne d’un film de Myazaki, ce parc perdu au milieu de collines arides révèle des montagnes plissées par le mouvement des plaques tectoniques, à tel point qu’elles ondulent littéralement au-dessus des paysages. Leurs couleurs roses et grisées contrastent à merveille avec le vert et le jaune des prairies autant qu’avec l’azur du ciel. Ces montagnes sont truffées de grottes que la lumière du soleil transforme en cathédrales. Au creux de celles-ci serpente un immense canyon de calcaire où nichent quelques rares oiseaux et où ondule une eau pure et fragile. Elles sont également le témoin du passage de dinosaures dont les traces de pas gravés dans la roche démontrent à quel point les monstres du crétacé  étaient gigantesques.











Après le parc national de Torotoro, nous nous rendons à Sucre. La capitale constitutionnelle de la Bolivie est riche d’un passé colonial qui a laissé de nombreuses traces dans le centre ville. L’influence espagnole est omniprésente, autant dans l’architecture baroque des bâtisses et des églises que dans leur couleur, d’un blanc immaculé. Capitale du chocolat bolivien, on en profitera pour déguster quelques délicieux… empanadas de carne bolivianos-bretons !













C’est ensuite au tour de Potosi de nous accueillir. Ancienne capitale du nouveau monde (n’ayons pas peur des mots employés par les autochtones), grâce aux réserves presque infinies de minerai d’argent enfouies au creux de la montagne qui la domine. La ville fut une des plus peuplées d’Amérique à l’époque où les pesos qu’elle frappait circulaient dans le monde entier. Aujourd’hui, les pesos ne valent même plus leur poids en nickel et la montagne percée de tunnels depuis près de quatre siècles menace de s’effondrer. Reste un centre ville témoin de cette époque faste, où les bâtisses bourgeoises couleurs pastels contrastent à merveille avec les couleurs chaudes de la montagne, sous un ciel électrisé par les quelques 4000m d’altitude.









Seb, heureux mêmeà la mine!







Nous nous rendons ensuite à Tupiza, dans le sud de la Bolivie, histoire d’admirer des deux perles du pays, à savoir le sud Lipez et le salar d’Uyuni. Tupiza est une petite localité nichée au creux d’un désert aux roches multicolores, qui vont du rouge au beige en passant par le rose et l’orangé, ou bien du blanc au noir jusqu´au gris doré par les derniers rayons du soleil.







 Ces nombreuses formations rocheuses au formes audacieuses ciselées par le travail du vent et de la pluie entourent la ville et bordent nos premiers kilomètres de 4x4 (on ne se refuse rien) en direction de l’Altiplano. La piste passe fièrement et au beau milieu des troupeaux de lamas et d’alpagas, non sans troubler quelques vigognes sauvages, qui paissaient là tranquillement. Les quelques rares et courtes herbes  qui poussent ici donnent quelques couleurs au paysage, toujours dominé par des sommets aussi pelés qu’inaccessibles.












Le deuxième jour est consacré aux lacs d’altitude qui parsèment la région. Chacun portant la couleur que ses eaux nous renvoie, roja, verde ou blanca... Ajoutez à cela une petite baignade dans des eaux chauffées par une activité volcanique sous-terraine omniprésente dans ces contrées, et vous comprendrez bien que notre repos  vespéral fut bien mérité.


















Le troisième jour nous aura vu affronter des contrées bien plus rocailleuses. « La ciudad de piedras » est une immense formation de roches où l’érosion a creusé avenues, rues et ruelles. On peut s’y promener, passer ou grimper de l’une à l’autre et  imaginer quelle forme réelle ou imaginaires le temps a donné à ces concrétions minérales.
















Toutes ces pérégrinations pour finalement arriver au salar d’Uyuni. Quelques millions d’années d’attente pour engendrer une mer de sel d’une blancheur et d’une rectitude indécente. Les levers et couchers de soleil y sont particulièrement remarquables. Mais c’est surtout en pleine journée, lorsque l’on se retrouve au beau milieu de cette immense étendue plane et blanche, éblouit par le soleil, sans autre issue que la blancheur incandescente de la mer de sel ou que de l’azur du ciel, que l’on semble bien perdu au milieu d’une autre dimension.








Seb, qui fait le malin...







Pour nous remettre de toutes ces émotions visuelles, rien de tel qu’une retraite de quelques jours dans un coin  de la Bolivie où seules les montagnes nous répondront, le Sajama. Situé à la frontière du Chili, ce volcan au cône presque parfait domine un plateau, où les montagnes entourent une nature aride mais variée et où l’altitude (on est à plus de 4300m quand même) offre certaines lumières qui n’existent qu’ici.