Vendredi 18 septembre
Après ces quelques
escales côtières, je pars vers l'est, m'enfonçant dans le cœur du
Mexique. La route s'élève peu à peu et la forêt tropicale, dense
et verte, laisse sa place à de vastes terres agricoles, qui inondent
le paysage de champs de canne à sucre et principalement de maïs. Puis,
avec l'altitude, apparaissent les plantations d' « agave
azul », qui de part leur forme en épis pointus et leur couleur
bleu pétrole donnent une tonalité irréelle à la route qui
serpente entre les lignes droite dessinées par les planteurs.
L'agave azul est l'ingrédient principal de la tequila, boisson
nationale et ville que je traverserai quelques kilomètres plus tard.
 |
| Bon, on voit pas très bien, mais les lignes bleues, c'est de l'agave. |
Guadalajara n'est pas que
la ville où s'est déroulé un des plus célèbres matchs de
l'équipe de France de foot, c'est aussi la deuxième plus grande
agglomération du Mexique avec près de 4 millions d'habitants. Je
loge quelques jours chez Roberto (un ami de Pepe, pour ceux qui
connaissent) et ses deux colocataires Carlos et Parménide (si si !),
où entre deux bouteilles de bière on discutera beaucoup, en
espagnol ou en français, de la vie au Mexique et à Guadalajara.
On ira même se faire une petite partie de foot, où notre équipe cosmopolite mexicano-germano-anglo-franco-polonaise battra haut la main ses adversaires locaux! La capitale de l'état du Jalisco n'est sans doute pas la plus belle
ville du Mexique, mais elle respire d'une intense activité
culturelle, d'une riche histoire et d'une vraie vie mexicaine
moderne. La ville regorge de monuments historiques, auprès desquels
sont souvent accolés de vulgaires immeubles en béton du plus vilain
effet. Les rues sont rectilignes, se croisant en angle droit,
alignant des maisons basses, toujours colorées, et régulièrement
parsemés d'arbres verts, qui apportent un côté bucolique à
l'ensemble. Les artères sont pleines de monde, notamment le 16
septembre, jour de la fête nationale, où de nombreux tapatios
(surnom des habitants de la ville) qui ne travaillent pas déambulent
paresseusement, admirant les artistes qui se produisent dans les
allées, ou goûtant goulûment au nombreuses spécialités salées
ou sucrées, mais toujours bien grasses, vendues sur les trottoirs.




 |
| Les "murales" de Jose Clemente Orozco dans l'Hospicio Cabanas. |





Changement
d'environnement. Après la ville, direction la campagne. A quelques
dizaines de kilomètres au sud de Guadalajara, on longe l'immense lac
de Chapala situé au creux d'un immense plateau, puis la route
s'élève encore un peu, jusqu'à plus de 2000 mètres, les feuillus
laissent la place aux résineux et me mènent à Tapalpa. Tapalpa est
une cité typique de la montagne mexicaine. Et sa vieille ville garde
encore les caractères architecturaux d'une autre époque. Les rues
sont pavées de pierres grises et toutes les maisons offrent la même
esthétique. Sous une coiffe de tuiles, de magnifiques balcons de
bois chapeautent des murs lisses, peints en blanc, avec à leurs
pieds une épaisse bande rouge qui rappelle la couleur du toit. Se
promener dans ces rues procure la sensation d'être comme
immergé au sein de la culture provinciale mexicaine. Impression
renforcée par le fait que ce jour là les habitants de Tapalpa
fêtaient encore l'indépendance du pays avec défilé de chars
supportant des tableaux créés par les élèves de la ville, narrant
quelques fameux épisodes de l'histoire mexicaine, suivit d'une
démonstration de danse traditionnelle sur la place centrale.







