dimanche 30 août 2015


Dimanche 30 août 2015



Vous reprendrez bien un peu de désert ?
La Californie est un état immense. Après les montagnes du nord-ouest, après la côte ouest, je retraverse le territoire en direction de l'Arizona, qui va m'accueillir une seconde fois avant de me laisser m'échapper vers le Mexique. Lorsque l'on s'éloigne de la côte sud de la Californie, après avoir passé les planes zones maraîchères et fruitières, où se courbent par dizaines les immigrés latinos sous des chapeaux de paille sensés les protégés d'une chaleur étouffante, on se retrouve très vite dans le désert.
Un désert immense et apparemment sans fin (il ne s'arrêtera pas avant le Texas, à plusieurs milliers de kilomètres de là !), qui nous fait regretter d'avoir quitté la côte et sa fraîcheur marine. Mais, ceux qui, comme moi, pensaient qu'il n'y a rien à voir dans le désert ont tord. Et le Joshua Tree National Park est là pour en apporter la preuve.
Le Joshua tree (ou arbre de Josué) est une espèce d'hybride entre un énorme cactus et un palmier décharné. En fait, c'est une variété de yucca... Quoi qu'il en soit, cette partie de désert offre au spectateur de somptueux paysages, où la maigre végétation se bat avec des roches de granites rosées, brisées par le magma puis arrondies par le temps, afin de dominer un sable chauffé à blanc.
Alors, évidemment, la visite n'est pas rendue très agréable par les conditions météo, il fait très chaud le matin, à peu près brûlant l'après-midi et étouffant la nuit. Bon, on aura quand même eu droit à un peu d'air (chaud, il va sans dire) dans la soirée. Malgré les conditions difficiles, la visite fut tout de même un bon moment. Et puis, il faut bien que je m'y fasse, puisqu'avec la traversée du sud de l'Arizona et celle du nord du Mexique, j'ai pas encore fini de bouffer du sable...
 
 
 




Un arbre de Josué, qui fait du stop.

Un autre, qui admire le soleil couchant.




 

Dimanche 30 août 2015



Ah... La côte californienne ! Pays de tous les fantasmes, réels ou imaginaires, Hollywood, les jolies filles et les surfers, les plages de sables fin et les bagnoles customisées... C'est surtout un endroit où les vieux veulent rester jeunes et où les habitants feraient passer les montpellierains pour des modèles de discrétion et de simplicité. Quoi qu'il en soit, après avoir quitté San Francisco, j'ai suivi la route numéro 1, qui longe la côte Californienne pendant une petite semaine, quasiment jusqu'à Los Angeles. Cité que j'ai soigneusement évité afin d'échapper aux centaines de kilomètres d'autoroutes, et d'embouteillages, qui permettent d'y accéder.

La route serpente pendant des kilomètres, une succession d'immenses plages désertes balayées par le vent, sur lesquelles plongent des falaises ocres, m'accompagnent le long de ma descente vers le sud.

Lorsque le relief daigne bien s'aplanir, c'est pour donner naissance à des stations balnéaires, plus où moins grandes, plus ou moins huppées où la blancheur et la finesse du sable sont proportionnelles au revenu des autochtones.

Et dès qu'on s'éloigne un peu de la côte, on se retrouve très vite au creux de montagnes, parfois recouvertes de forêts, parfois de pas grand chose d'autre que d'arbustes rachitiques ou d'herbes cramées par la chaleur, le climat devenant de plus en plus désertique à mesure que l'on descend vers le sud.



Monterey
 
Pacific Grove





Morro Bay

Oceano Beach

Oceano Beach

Angeles National Forest

mercredi 26 août 2015


Vendredi 21 août 2015



Marianne, une amie de Toulouse pour ceux qui ne la connaîtraient pas, m'a rejoint aux USA pour une virée de 15 jours où nous avons fait la route depuis Denver jusqu'à San Francisco. Environ 3000 km parcourus et pas moins de 5 États traversés en 2 semaines. On aura pas chômé ! D'abord le Colorado et ses montagnes, puis l'Utah et l'Arizona, pays des déserts, Las Vegas dans le Névada, et enfin la Californie, qui nous a conduit jusqu'au Pacifique.
Le Colorado est définitivement un pays de montagnes. Hautes montagnes alpines bordées de glaciers au nord, on a beau essayer de les fuir en filant droit vers le sud, elles nous rattrapent toujours, imprimant à la route des lacets démesurés tranchant avec les lignes droites infinies auxquelles on s'était étrangement habituées.

le Glacier National Park

 

Puis, le thermostat grimpe, les arbres se font plus rares et les herbes plus sèches. On arrive au Mesa Verde, vastes plateaux lacérés d'étroits canyons, où des peuples indiens avaient élus résidence au XIIIème siècle, avant de repartir pour des raisons aussi inconnues que celles qui leur avaient fait bâtir des villages troglodytes dans des cavités cachées, presque invisibles aux yeux du promeneur peu attentif.




 Marianne et son coude bionique devant le Cliff Palace, dans le Mesa Verde National Park
 

Dans le sud de l'Utah et dans l'Arizona, on entre dans le vrai désert. Pas le désert de sable et de dunes, mais un désert spectaculaire fait de roches multicolores, parsemées d'herbes vertes, se découpant sur un ciel bleu azur. Nous traversons d'abord la Monument Valley, qui porte bien son nom. D'immenses promontoires de roches pourpres nous toisent de loin et rappellent à notre mémoire tous les films dont ils ont été les héros silencieux.






Après une nuit sur un espèce de parking pour camping car, c'est le Grand Canyon qui nous attend. Il se révèle, à mon sens, plus spectaculaire et impressionnant qu'esthétique. C'est immensément grand, immensément large et d'une profondeur abyssale, d'autant plus lorsqu'on choisit d'en longer les abords à pieds, et que l'on se rend compte qu'on peine à en en apercevoir les limites autant que le fond. Cependant, est-ce l'heure de la visite, à la mi-journée, où le temps couvert, mais le Grand Canyon est souvent resté d'une décevante teinte grisâtre, avant qu'un énorme orage nous en cache les attraits, obligeant même les rangers à évacuer prématurément le site.






 
 
Après ces immersions désertiques, nous voilà prêts pour affronter Las Vegas. Las Vegas est une oasis de civilisation en plein désert du Névada. Pour peu que l'on mette (loin) de côté ses principes moraux et écolos, Las Vegas se révèle être une ville assez fascinante. Sa réputation de parc d'attraction pour adultes n'est pas usurpée. Ici, on peut à peu près tout faire, et surtout ce qui est interdit dans le reste du pays. Jouer, fumer, boire et bien d'autres activités peu recommandables, tout s'étale au grand jour, surtout la nuit... Les hôtels casinos rivalisent d'efforts d'imagination et de démesure afin d'attirer le touriste. New York, Paris, Venise, l’Égypte ancienne, un château de conte de fées ou une île infestée de pirates, on passe d'un monde à l'autre juste en changeant de trottoir. C'est souvent kitch, parfois bluffant et d'un luxe disproportionné, mais on a toujours l’œil accroché par quelque chose.






Après une traversée de la Death Valley rapide et matinale, afin de nous ménager, nous et notre voiture, c'est la Californie qui nous attend.





Notre première étape en Californie est le Sequoia National Park, où il y a, surprise, des arbres (et oui Marianne!). Située au sein d'une montagne culminant à plus de 2000 mètres d'altitude, cette immense forêt de résineux est truffée de séquoias, qui ont trouvé ici les conditions idéales pour se développer et devenir absolument gigantesques. Alors, ce ne sont pas les plus grands, ce ne sont pas les plus vieux, ce sont les plus gros ! Et oui, il fallait bien trouver quelque chose pour attirer le chaland... Bon, le plus gros, le Général Sherman (c'est marrant comment les arbres significatifs du parc ont tous des noms de militaires...), a tout de même plus de 2200 ans, ça force le respect !

Même si Marianne est pas bien grande, ça donne une idée de l'échelle



le fameux général Sherman


Après le Sequoia National Park, nous visitons une autre star des montagnes californiennes, le Yosemite. Qui dit star, dit succès, le Yosemite est donc truffé de touristes, de cars de japonais ou autres retraités, qui s’arrêtent à tous les points de vue pour prendre, comme nous, le précieux cliché qui animera les futures soirées souvenirs. Mais il faut dire que le Yosemite en vaut le coup. Malgré la très sévère sécheresse qui s'abat cette année sur la Californie, et qui transforme les rivières en ruisseaux et réduit les chutes d'eau à de minces filets s'écoulant symboliquement le long de parois abruptes, le Yosemite garde toute sa superbe. Car, son intérêt réside dans la pierre. Les vallées encaissées, parsemées de pins verts, enserrées dans des parois grises et vertigineuses, les pics qui se découpent dans le ciel et délivrent de formidables coulées de granite blanchis par la lumière, offrent des paysages uniques et majestueux au sein desquels on est heureux d'affronter la canicule le temps d'une randonnée.







La fin de mon périple avec Marianne s'achève à San Francisco. Enfin une grande ville américaine qui a du charme ! Les vieilles maisons victoriennes, couleurs pastels, qui foisonnent dans tous les quartiers du centre ville donnent un ton et une esthétique que je n'avais pas encore rencontré en Amérique du nord. De plus, le relief composés de nombreuses collines aux raides montées casse les lignes droites, qui forment l'architecture des villes du pays. On sent ici plus qu'ailleurs, le poids de l'histoire et le foisonnement culturel à travers les nombreux monuments anciens et en observant la diversité des populations que la route a mené jusque là. Du coup, San Francisco ne ressemble à aucune autre et on prend du plaisir à se balader dans ses rues malgré le climat moite et le nombre impressionnant de sans-abris qui errent à longueur de journée à la recherche de quelque chose qu'ils ont sans doute perdu à jamais.