Mardi 26 janvier 2016
Situé entre Manizales et
Salento, Le Parc National de Los Nevados et ses paysages, m'avaient
été vivement recommandés par plusieurs voyageurs rencontrés sur
la route. Je décide donc d'aller y faire une « petite »
excursion. L'auberge où je suis installé à Salento me conseille un
guide, et après une rapide réunion de préparation (« on va
aller toucher la neige ! », « ça fait pas un peu
haut ? », « mais non, et puis c'est une
aventure ! ») et un court transit en jeep, nous voilà
parti pour 3 jours et 2 nuits de randonnées dans la montagne.
Je me doutais que ça
allait être dur, mais pas comme ça. Le premier jour surtout, avec
le gros sac sur le dos, on a marché, que dis-je, grimpé 17km pour
passer de 2400m à 3800m ! Le tout en seulement 7h30 !
C'est au cours de ce type de randonnée qu'on arrête de regarder le paysage et surtout, on évite de
regarder en face la prochaine épingle, qui va
inévitablement nous ramener à une nouvelle épingle qui monte tout
autant, voire plus que la précédente. Alors, on regarde ses pieds,
on débranche le cerveau et on laisse seulement allumé la fonction
« un pied devant l'autre ». Felipe, mon guide, champion
de trail running de son état (il avait oublié de me préciser ça
avant le départ), semblait courir et moi ramper. Mais bon, après
quelques heures de souffrance, on a enfin pu apprécier la récompense si durement acquise (sinon ce
serait du simple masochisme). Dépassant les vallées abruptes,
débordant les forêts inextricables, on arrive sur un vaste plateau
truffé d'une végétation basse, mais foisonnante, unique en son
genre, composée en grande partie de frailejones, sortes de
mini-palmiers de montagne qui ne poussent qu'ici. Et l'on découvre
au loin les fermes qui vont nous accueillir pour la nuit au sein de
leur écrin de sommets, culminants pour la plupart à plus de 5000
mètres d'altitude.
Au départ, c'est plat.
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Des ponts à la Indiana Jones!
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Notre maison pour la nuit.
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Après une bonne nuit de
sommeil, et quelques bons plats rustiques concoctés par la maîtresse
de maison, on repart pour une nouvelle journée de marche. Au menu
l'ascension du Pic de Tolima, rien que ça ! On commence par une
balade au milieu d'une véritable forêt de frailejones, qui ont
envahit cette immense vallée veinée de quelques minuscules canyons
formés par la fonte des neiges. Puis, le chemin grimpe, la
végétation disparaît petit à petit et c'est au tour des roches de
faire parler d'elles. Ancien volcan, le Tolima est pavé de pierres
aux couleurs changeantes et parfois surprenantes. On passe du gris au
jaune et du noir à l'orange. Ensuite, c'est le sentier qui
disparaît, et la randonnée s'apparente de plus en plus à de
l'escalade. Et après 5 bonnes heures de grimpette, on atteint la
limite de la neige éternelle, à près de 5000m, où il devient
impossible de s'aventurer sans équipement approprié. La vue, depuis
là-haut, sur les différents sommets du parc de Los Nevados est
grandiose. Après quelques longues minutes de félicité, il est tend
de redescendre par un autre chemin. Celui-ci nous fait croiser la
carcasse d'un vieil avion de transport de cocaïne, échoué au
milieu de la montagne depuis plusieurs années. Des paysages
absolument lunaires nous accompagnent jusqu'à ce que l'on retrouve
les étendues de frailejones. Puis, on redescend tranquillement vers
notre ferme/refuge où nous attendent galettes de maïs, chocolat
chaud et douche froide.
Les premiers rayons de soleil du matin.
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Le lendemain, c'est le
temps de la redescente, plus aisée, mais pas moins douloureuses
(rapport aux ampoules provoquées par des chaussures un poil trop
petites). Environ 8 heures de marche, qui nous ferons quitter le
plateau, passant par quelques paysages alpestres, retrouvant la forêt
touffue avant de déboucher finalement sur la superbe vallée de
Cocora, célèbre pour ses hauts palmiers de cire dont on se demande
bien ce qu'ils font plantés là, au milieu de ces collines abruptes
et verdoyantes.
La descente qui nous attend.
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