dimanche 20 décembre 2015

Vendredi 18 décembre 2015


Quelque peu lassé des tropiques et de la chaleur étouffante qui y règne, je voulais faire de mon séjour au Panama une simple formalité. Rejoindre le plus vite possible un port dans lequel je trouverais un bateau qui nous mènerait, moi et mon carrosse d’albâtre, vers la Colombie, via la mer des Caraïbes. Je rappelle aux non initiés, qu'il n'existe pas de route entre le Panama et la Colombie. Hélas, ou heureusement, mes plans vont rapidement changer d'orientation.
 
Après une escale dans la ville de David, je vais directement à Colon, située à l’extrémité nord du canal du Panama. En effet, c'est de là que partent, tous les gros bateaux qui naviguent vers la côte est de la Colombie.
Colon est vraiment une ville à part. Deuxième ville du pays, c'est sans doute également la plus sale, la plus pauvre et vraisemblablement la plus dangereuse. Coincée entre un port immense et la « Zona Libre », une des plus grande zone duty free du monde, la ville ne profite pourtant pas de ces richesses, qui filent tout droit à la capitale, à quelques 60 km de là. Un taux de chômage de plus de 40%, une population essentiellement noire (alors que le reste du pays est très métissé), des immeubles aux couleurs passées depuis longtemps et aux murs en lambeaux, des rues envahies de tas d'ordures et d'autres immondices provenant des égouts. Lorsque l'on traverse le centre ville, on a un peu l'impression d'être dans une cité qui sort de plusieurs années de guerre.
 
En gros, c'est glauque, c'est lugubre et on a pas tellement envie de s'y attarder. D'autant plus que je me rends très vite compte que les sociétés de transport maritimes ont toutes leurs bureaux à Panama City...
 
Demi-tour donc, direction la capitale, où j'apprends rapidement que la société de ferry que je comptais utiliser pour rejoindre Cartagena avec ma voiture, a cessé ses activités depuis quelques mois. L'unique solution qui s'offre à moi reste alors le container. Mettre la voiture dans une grande boite, la grande boite sur un grand bateau, et rejoindre la Colombie par mes propres moyens. Problème, ça coûte très cher, trop cher pour mon budget (entre 1000 et 2000$ juste pour la voiture, auxquels il faut ajouter le prix de mon propre billet). Je décide donc, à mon grand regret, de vendre la voiture et de continuer en mode piéton.
 
Être français et vendre une voiture américaine au Panama, voilà mon nouveau défi. Je rencontre d'abord un colombien, spécialisé dans l'achat des voitures étrangères au panama. Il m'explique que l'importation définitive d'une voiture usagée au Panama coûte dans les 3000$ (ce qui est pas loin de la valeur de la mienne) et que, du coup, il ne pourra pas m'en offrir grand chose (ça flaire bon le businessman ça...). Je me rends compte, après vérification, qu'il m'a dit vrai sur les frais d'importation. Je croise entre temps, dans l'auberge où je loge, un jeune français, tout frais émoulu de son école d'ingénieur, qui vient d'arriver au Panama et qui se donne un an pour arriver en Alaska. Après discussion, il se révèle intéressé pour acheter le véhicule. Et je préfère largement la vendre à un voyageur, qui est censé la ramener en Alaska (la boucle sera bouclée), qu'à un revendeur. Décision prise, il ne nous reste plus qu'à affronter le parcours du combattant administratif qui nous attend. Les administrations panaméennes ne sont pas aussi obtues que chez nous, mais elles sont beaucoup plus imprévisibles. Si notre situation n'est pas commune, ça ne pose pas de problèmes particulier. Par contre, les papiers à fournir, les avis donnés ou les délais attendus sont largement variables selon la personne rencontrée, le jour de la semaine ou l'humeur du jour. Après un peu plus de deux jours d'allées et venues, depuis les bureaux des douanes jusqu'à ceux de l'inspection des véhicules, de l'office du notaire à ceux de l'assureur, on a enfin réussi à régulariser la situation. En tout cas, je l'espère...
 
Malgré toutes ces péripéties, j'ai tout de même pu voir à quoi ressemblait Panama City. Une capitale pleine de contrastes, avec à ses abords, des bidonvilles faits de tôle, ses quartiers populaires sales et bruyants, l'ancien quartier colonial aux bâtiments entièrement refaits, qui abrite ministères et ambassades. Mais la ville de panama est surtout renommée pour son quartier d'affaires et ses multiples gratte-ciel qui toisent l'océan Pacifique. Plus que de l'activité liée au canal, l'argent vient ici, parait-il, des narcotrafiquants d'Amérique du sud et centrale, qui profiteraient de la tolérance des (très) nombreuses banques de la ville pour blanchir leur argent et construire d'immenses immeubles à moitié vides.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

3 commentaires:

  1. Tour du monde a pied... ça c'est bien, c'est hyper COP 21 dans l’esprit, je suis fier de toi mec !!!
    Et bienvenue en Amérique du Sud alors !!!

    Allez bon courage pour la suite et à bientot.

    Le bisou

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  2. génial!! j'adore quand tu raconte tes galères!! c'est clair que ça dois faire drôle de ce retrouver à pied!! tu dois avoir un gros sac à dos!! fais gaffe aux ampoules... lol!! la bise ;)

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  3. Hello François,
    Toujours aussi agréable de lire tes aventures. Le voyage à pied, ça va te changer un peu.... il va falloir faire du tri dans les bagages!
    Buen camino!

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