Vendredi 18 décembre 2015
Quelque peu lassé des
tropiques et de la chaleur étouffante qui y règne, je voulais faire
de mon séjour au Panama une simple formalité. Rejoindre le plus vite
possible un port dans lequel je trouverais un bateau qui nous
mènerait, moi et mon carrosse d’albâtre, vers la Colombie, via la
mer des Caraïbes. Je rappelle aux non initiés, qu'il n'existe pas
de route entre le Panama et la Colombie. Hélas, ou heureusement, mes
plans vont rapidement changer d'orientation.
Après une escale dans la
ville de David, je vais directement à Colon, située à l’extrémité
nord du canal du Panama. En effet, c'est de là que partent, tous les
gros bateaux qui naviguent vers la côte est de la Colombie.
Colon est vraiment une
ville à part. Deuxième ville du pays, c'est sans doute également
la plus sale, la plus pauvre et vraisemblablement la plus dangereuse.
Coincée entre un port immense et la « Zona Libre », une
des plus grande zone duty free du monde, la ville ne profite pourtant
pas de ces richesses, qui filent tout droit à la capitale, à
quelques 60 km de là. Un taux de chômage de plus de 40%, une
population essentiellement noire (alors que le reste du pays est très
métissé), des immeubles aux couleurs passées depuis longtemps et
aux murs en lambeaux, des rues envahies de tas d'ordures et d'autres
immondices provenant des égouts. Lorsque l'on traverse le centre
ville, on a un peu l'impression d'être dans une cité qui sort de
plusieurs années de guerre.
En gros, c'est glauque,
c'est lugubre et on a pas tellement envie de s'y attarder. D'autant
plus que je me rends très vite compte que les sociétés de
transport maritimes ont toutes leurs bureaux à Panama City...
Demi-tour donc, direction la
capitale, où j'apprends rapidement que la société de ferry que je
comptais utiliser pour rejoindre Cartagena avec ma voiture, a cessé
ses activités depuis quelques mois. L'unique solution qui s'offre à
moi reste alors le container. Mettre la voiture dans une grande
boite, la grande boite sur un grand bateau, et rejoindre la Colombie
par mes propres moyens. Problème, ça coûte très cher, trop cher
pour mon budget (entre 1000 et 2000$ juste pour la voiture, auxquels
il faut ajouter le prix de mon propre billet). Je décide donc, à
mon grand regret, de vendre la voiture et de continuer en mode
piéton.
Être français et
vendre une voiture américaine au Panama, voilà mon nouveau défi.
Je rencontre d'abord un colombien, spécialisé dans l'achat des
voitures étrangères au panama. Il m'explique que l'importation
définitive d'une voiture usagée au Panama coûte dans les 3000$ (ce
qui est pas loin de la valeur de la mienne) et que, du coup, il ne
pourra pas m'en offrir grand chose (ça flaire bon le businessman
ça...). Je me rends compte, après vérification, qu'il m'a dit vrai
sur les frais d'importation. Je croise entre temps, dans l'auberge où
je loge, un jeune français, tout frais émoulu de son école
d'ingénieur, qui vient d'arriver au Panama et qui se donne un an
pour arriver en Alaska. Après discussion, il se révèle intéressé
pour acheter le véhicule. Et je préfère largement la vendre à un
voyageur, qui est censé la ramener en Alaska (la boucle sera
bouclée), qu'à un revendeur. Décision prise, il ne nous reste plus
qu'à affronter le parcours du combattant administratif qui nous
attend. Les administrations panaméennes ne sont pas aussi obtues
que chez nous, mais elles sont beaucoup plus imprévisibles. Si notre
situation n'est pas commune, ça ne pose pas de problèmes
particulier. Par contre, les papiers à fournir, les avis donnés ou
les délais attendus sont largement variables selon la personne
rencontrée, le jour de la semaine ou l'humeur du jour. Après un peu
plus de deux jours d'allées et venues, depuis les bureaux des douanes jusqu'à
ceux de l'inspection des véhicules, de l'office du notaire à ceux
de l'assureur, on a enfin réussi à régulariser la situation.
En tout cas, je l'espère...
Malgré toutes ces
péripéties, j'ai tout de même pu voir à quoi ressemblait Panama
City. Une capitale pleine de contrastes, avec à ses abords, des
bidonvilles faits de tôle, ses quartiers populaires sales et
bruyants, l'ancien quartier colonial aux bâtiments entièrement
refaits, qui abrite ministères et ambassades. Mais la ville de
panama est surtout renommée pour son quartier d'affaires et ses
multiples gratte-ciel qui toisent l'océan Pacifique. Plus que de
l'activité liée au canal, l'argent vient ici, parait-il, des
narcotrafiquants d'Amérique du sud et centrale, qui profiteraient de
la tolérance des (très) nombreuses banques de la ville pour
blanchir leur argent et construire d'immenses immeubles à moitié
vides.
Tour du monde a pied... ça c'est bien, c'est hyper COP 21 dans l’esprit, je suis fier de toi mec !!!
RépondreSupprimerEt bienvenue en Amérique du Sud alors !!!
Allez bon courage pour la suite et à bientot.
Le bisou
génial!! j'adore quand tu raconte tes galères!! c'est clair que ça dois faire drôle de ce retrouver à pied!! tu dois avoir un gros sac à dos!! fais gaffe aux ampoules... lol!! la bise ;)
RépondreSupprimerHello François,
RépondreSupprimerToujours aussi agréable de lire tes aventures. Le voyage à pied, ça va te changer un peu.... il va falloir faire du tri dans les bagages!
Buen camino!