dimanche 20 septembre 2015


Vendredi 18 septembre




Après ces quelques escales côtières, je pars vers l'est, m'enfonçant dans le cœur du Mexique. La route s'élève peu à peu et la forêt tropicale, dense et verte, laisse sa place à de vastes terres agricoles, qui inondent le paysage de champs de canne à sucre et principalement de maïs. Puis, avec l'altitude, apparaissent les plantations d' « agave azul », qui de part leur forme en épis pointus et leur couleur bleu pétrole donnent une tonalité irréelle à la route qui serpente entre les lignes droite dessinées par les planteurs. L'agave azul est l'ingrédient principal de la tequila, boisson nationale et ville que je traverserai quelques kilomètres plus tard.

 
Bon, on voit pas très bien, mais les lignes bleues, c'est de l'agave.



Guadalajara n'est pas que la ville où s'est déroulé un des plus célèbres matchs de l'équipe de France de foot, c'est aussi la deuxième plus grande agglomération du Mexique avec près de 4 millions d'habitants. Je loge quelques jours chez Roberto (un ami de Pepe, pour ceux qui connaissent) et ses deux colocataires Carlos et Parménide (si si !), où entre deux bouteilles de bière on discutera beaucoup, en espagnol ou en français, de la vie au Mexique et à Guadalajara. On ira même se faire une petite partie de foot, où notre équipe cosmopolite mexicano-germano-anglo-franco-polonaise battra haut la main ses adversaires locaux! La capitale de l'état du Jalisco n'est sans doute pas la plus belle ville du Mexique, mais elle respire d'une intense activité culturelle, d'une riche histoire et d'une vraie vie mexicaine moderne. La ville regorge de monuments historiques, auprès desquels sont souvent accolés de vulgaires immeubles en béton du plus vilain effet. Les rues sont rectilignes, se croisant en angle droit, alignant des maisons basses, toujours colorées, et régulièrement parsemés d'arbres verts, qui apportent un côté bucolique à l'ensemble. Les artères sont pleines de monde, notamment le 16 septembre, jour de la fête nationale, où de nombreux tapatios (surnom des habitants de la ville) qui ne travaillent pas déambulent paresseusement, admirant les artistes qui se produisent dans les allées, ou goûtant goulûment au nombreuses spécialités salées ou sucrées, mais toujours bien grasses, vendues sur les trottoirs.






Les "murales" de Jose Clemente Orozco dans l'Hospicio Cabanas.








Changement d'environnement. Après la ville, direction la campagne. A quelques dizaines de kilomètres au sud de Guadalajara, on longe l'immense lac de Chapala situé au creux d'un immense plateau, puis la route s'élève encore un peu, jusqu'à plus de 2000 mètres, les feuillus laissent la place aux résineux et me mènent à Tapalpa. Tapalpa est une cité typique de la montagne mexicaine. Et sa vieille ville garde encore les caractères architecturaux d'une autre époque. Les rues sont pavées de pierres grises et toutes les maisons offrent la même esthétique. Sous une coiffe de tuiles, de magnifiques balcons de bois chapeautent des murs lisses, peints en blanc, avec à leurs pieds une épaisse bande rouge qui rappelle la couleur du toit. Se promener dans ces rues procure la sensation d'être comme immergé au sein de la culture provinciale mexicaine. Impression renforcée par le fait que ce jour là les habitants de Tapalpa fêtaient encore l'indépendance du pays avec défilé de chars supportant des tableaux créés par les élèves de la ville, narrant quelques fameux épisodes de l'histoire mexicaine, suivit d'une démonstration de danse traditionnelle sur la place centrale.
 
 







 



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