Vendredi 21 août 2015
Marianne, une amie de
Toulouse pour ceux qui ne la connaîtraient pas, m'a rejoint aux USA
pour une virée de 15 jours où nous avons fait la route depuis
Denver jusqu'à San Francisco. Environ 3000 km parcourus et pas moins
de 5 États traversés en 2 semaines. On aura pas chômé !
D'abord le Colorado et ses montagnes, puis l'Utah et l'Arizona, pays
des déserts, Las Vegas dans le Névada, et enfin la Californie, qui
nous a conduit jusqu'au Pacifique.
Le Colorado est
définitivement un pays de montagnes. Hautes montagnes alpines
bordées de glaciers au nord, on a beau essayer de les fuir en filant
droit vers le sud, elles nous rattrapent toujours, imprimant à la
route des lacets démesurés tranchant avec les lignes droites
infinies auxquelles on s'était étrangement habituées.
| le Glacier National Park |
Puis, le thermostat
grimpe, les arbres se font plus rares et les herbes plus sèches. On
arrive au Mesa Verde, vastes plateaux lacérés d'étroits canyons,
où des peuples indiens avaient élus résidence au XIIIème siècle,
avant de repartir pour des raisons aussi inconnues que celles qui
leur avaient fait bâtir des villages troglodytes dans des cavités
cachées, presque invisibles aux yeux du promeneur peu attentif.
| Marianne et son coude bionique devant le Cliff Palace, dans le Mesa Verde National Park |
Dans le sud de l'Utah et dans l'Arizona, on entre dans le vrai désert. Pas le désert de sable et de dunes, mais un désert spectaculaire fait de roches multicolores, parsemées d'herbes vertes, se découpant sur un ciel bleu azur. Nous traversons d'abord la Monument Valley, qui porte bien son nom. D'immenses promontoires de roches pourpres nous toisent de loin et rappellent à notre mémoire tous les films dont ils ont été les héros silencieux.
Après une nuit sur un
espèce de parking pour camping car, c'est le Grand Canyon qui nous
attend. Il se révèle, à mon sens, plus spectaculaire et
impressionnant qu'esthétique. C'est immensément grand, immensément
large et d'une profondeur abyssale, d'autant plus lorsqu'on choisit
d'en longer les abords à pieds, et que l'on se rend compte qu'on
peine à en en apercevoir les limites autant que le fond. Cependant,
est-ce l'heure de la visite, à la mi-journée, où le temps couvert,
mais le Grand Canyon est souvent resté d'une décevante teinte
grisâtre, avant qu'un énorme orage nous en cache les attraits,
obligeant même les rangers à évacuer prématurément le site.
Après ces immersions désertiques, nous voilà prêts pour affronter Las Vegas. Las Vegas
est une oasis de civilisation en plein désert du Névada. Pour peu
que l'on mette (loin) de côté ses principes moraux et écolos, Las
Vegas se révèle être une ville assez fascinante. Sa réputation de
parc d'attraction pour adultes n'est pas usurpée. Ici, on peut à
peu près tout faire, et surtout ce qui est interdit dans le reste du
pays. Jouer, fumer, boire et bien d'autres activités peu
recommandables, tout s'étale au grand jour, surtout la nuit... Les
hôtels casinos rivalisent d'efforts d'imagination et de démesure
afin d'attirer le touriste. New York, Paris, Venise, l’Égypte
ancienne, un château de conte de fées ou une île infestée de
pirates, on passe d'un monde à l'autre juste en changeant de
trottoir. C'est souvent kitch, parfois bluffant et d'un luxe
disproportionné, mais on a toujours l’œil accroché par quelque
chose.
Après une traversée de la Death Valley rapide et matinale, afin de nous ménager, nous et notre voiture, c'est la Californie qui nous attend.
Notre première étape en
Californie est le Sequoia National Park, où il y a, surprise, des
arbres (et oui Marianne!). Située au sein d'une montagne culminant à
plus de 2000 mètres d'altitude, cette immense forêt de résineux
est truffée de séquoias, qui ont trouvé ici les conditions idéales
pour se développer et devenir absolument gigantesques. Alors, ce ne
sont pas les plus grands, ce ne sont pas les plus vieux, ce sont les
plus gros ! Et oui, il fallait bien trouver quelque chose pour
attirer le chaland... Bon, le plus gros, le Général Sherman (c'est
marrant comment les arbres significatifs du parc ont tous des noms de
militaires...), a tout de même plus de 2200 ans, ça force le
respect !
|
Même si Marianne est pas bien
grande, ça donne une idée de l'échelle
|
| le fameux général Sherman |
Après le Sequoia
National Park, nous visitons une autre star des montagnes
californiennes, le Yosemite. Qui dit star, dit succès, le Yosemite
est donc truffé de touristes, de cars de japonais ou autres
retraités, qui s’arrêtent à tous les points de vue pour prendre,
comme nous, le précieux cliché qui animera les futures soirées
souvenirs. Mais il faut dire que le Yosemite en vaut le coup. Malgré
la très sévère sécheresse qui s'abat cette année sur la
Californie, et qui transforme les rivières en ruisseaux et réduit
les chutes d'eau à de minces filets s'écoulant symboliquement le
long de parois abruptes, le Yosemite garde toute sa superbe. Car, son
intérêt réside dans la pierre. Les vallées encaissées, parsemées
de pins verts, enserrées dans des parois grises et vertigineuses,
les pics qui se découpent dans le ciel et délivrent de formidables
coulées de granite blanchis par la lumière, offrent des paysages
uniques et majestueux au sein desquels on est heureux d'affronter la
canicule le temps d'une randonnée.
La fin de mon périple
avec Marianne s'achève à San Francisco. Enfin une grande ville
américaine qui a du charme ! Les vieilles maisons victoriennes,
couleurs pastels, qui foisonnent dans tous les quartiers du centre
ville donnent un ton et une esthétique que je n'avais pas encore
rencontré en Amérique du nord. De plus, le relief composés de
nombreuses collines aux raides montées casse les lignes droites, qui
forment l'architecture des villes du pays. On sent ici plus
qu'ailleurs, le poids de l'histoire et le foisonnement culturel à
travers les nombreux monuments anciens et en observant la diversité
des populations que la route a mené jusque là. Du coup, San
Francisco ne ressemble à aucune autre et on prend du plaisir à se
balader dans ses rues malgré le climat moite et le nombre
impressionnant de sans-abris qui errent à longueur de journée à la
recherche de quelque chose qu'ils ont sans doute perdu à jamais.
Bonjour François,
RépondreSupprimerEnfin quelques news, ça fait plaisir!!!!
Bonne route,
Marie-Noëlle
Superbe récit François ! Même si tu as décontextualisé certains de mes propos... Humm.. Une personne aussi réfléchie que moi n'aurait jamais dit çà. Jamais au grand jamais!
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