Dimanche 8 mai 2016
C’est sur l’ile de Chiloé que débute mon aventure au sud du Chili. La plus grande île du pays offre de nombreux paysages vallonnés emplis de prairies et de denses forêts qui s’étendent jusqu’au bord de l’océan, où de longues plages délivrent un terrain de jeux idéal à des nuées d’oiseaux aussi vastes que difficilement identifiables. Les villes qui bordent la côte sont, avant tout, des villes de pêcheurs, dont les maisons colorées avancent, du haut de leurs pilotis, sur une eau sombre et froide, jusqu’où des lions de mer viennent se régaler des restes de poisson que leur offrent les autochtones.
De l’autre côté du bras de mer, sur le continent, commence l’immense et sauvage Patagonie. Au menu, des montagnes abruptes qui bordent une eau étrangement calme, des volcans aux cratères fumants et enneigés, des fjords et des lacs gigantesques qui obligent le voyageur à naviguer sur des ferrys s’il veut avancer et des forêts sombres, impénétrables, qui semblent infinies. Le tout sous un soleil dont la lumière blanche et blafarde ne semble être que le résultat de tous les efforts fournis pour rejoindre un zénith qu’il n’atteindra jamais.
La petite ville de Chaiten fut presque entièrement détruite par une éruption volcanique en 2008. Déclarée ville morte par le gouvernement, une partie des habitants est restée et reconstruit peu à peu la cité sous l’œil menaçant du cratère encore fumant qui a presque causé sa perte. Pourtant, Chaiten possède de nombreux attraits. Au bord d’une mer calme, car protégée par l’ile de Chiloé, dans laquelle on peut observer des dauphins depuis de superbes plages de sable gris et au milieu de vastes forets presque impénétrables, Chaiten est surplombée de courtes montagnes anthracites et de magnifiques volcans. Du coup, on oublie assez vite le paysage de désolation et la reconstruction à la va-vite résultant de la catastrophe de 2008.

























































